samedi 27 septembre 2014

destiNation indépendance - les objectifs de OUI-Québec

Notes pour le discours d’ouverture à destiNation
20 septembre 2013

Notes pour le discours d’ouverture à destiNation
20 septembre 2013

Chers amis, Bienvenue au rassemblement destination.

En juin 2013, suite à l’Assemblée des États généraux sur la souveraineté et au Congrès de convergence, le CSQ et le NMQ ont annoncé leur intention de faire converger leurs deux démarches, pour favoriser l’union de tous les indépendantistes dans une optique non partisane. Depuis le début de l’année, sauf l’arrêt obligé de la période électorale, nous avons préparé ensemble cet évènement : destiNation, pour de nouvelles idées et un nouveau départ.

Nous vous proposons de réaliser cette fin de semaine trois objectifs : 1) examiner dans un esprit d’ouverture de nouvelles idées pour relancer l’indépendance; 2) prendre un nouveau départ grâce à un plan d’action déterminé et 3) jeter les base une nouvelle organisation large, un nouveau Conseil de la souveraineté,  capable de réaliser ce plan d’action par une promotion constante et soutenue de l’idée indépendantiste.

De nouvelles idées. Le mouvement indépendantiste fait du surplace depuis trop de temps. Une idée, même aussi valable et stimulante que l’indépendance, mais qui ne progresse pas ne peut que reculer. Nous avons besoin de remettre en question les idées reçues. La principale idée à mettre au rencards a conduit à faire primer les considérations stratégiques sur la promotion claire, soutenue, déterminée de l’indépendance, particulièrement pendant les campagnes électorales, mais aussi entre les campagnes.

La dernière campagne électorale l’a démontré.  L’absence de clarté et de préparation a été terriblement néfaste pour le progrès de notre option.  Tout comme dans les élections les précédentes, le moyen (l’élection d’une majorité d’indépendantiste) a pris le pas sur l’objectif. C’est l’inverse de la saucisse Hygrade. Dans le cas de l'indépendance, moins on parle et moins on l’aime, moins on l’aime, moins on en parle, surtout lors des élections quand les gens écoutent et débattent de politique. D’ici à la prochaine fois, il faut au contraire appliquer la devise « plus on en parle, plus on aime l'indépendance, plus on l’aime, plus on en parle.

On a beaucoup souligné lors du référendum écossais de cette semaine, le « fair play » des deux camps, la solide préparation du camp du Oui, la clarté de la question et de la règle du 50%+1. Mais ce qui est frappant, c’est la progression de l’appui à l’indépendance au cours de la campagne référendaire, en Écosse comme au Québec en 1995.  Dans les deux cas, l’appui populaire à l’indépendance en début de campagne était faible, mais a progressé de 10% jusqu’à un résultat serré. Cela démontre bien au contraire que lorsqu’on la défend, plus on aime l’idée d’indépendance.
Parmi les idées nouvelles dont nous allons débattre en fin de  semaine, il y a celles contenues dans le rapport final de la Commission des États généraux sur la souveraineté qui sera lancé sous forme de livre en fin d’après midi sous le titre "Forger notre avenir". Même si c’est à l’heure de l’apéro, c’est plus qu’un apéritif.
On y présente 92 blocages au développement du Québec qui prennent la mesure de notre dépendance à l’égard du Canada dans tous les domaines de la vie collective. Puis deux idées importantes nouvelles, positives, qui ne feront peut-être pas l’unanimité, mais qui méritent d’être approfondies :
  • une démarche constituante fondée sur la souveraineté populaire et l’idée républicaine pour rompre notre incapacité de choisir depuis le « match nul » de 1995, une incapacité qui nous enferme dans le statu quo et la résignation nationale,
  • des projets collectifs qui font consensus au Québec, mais que le Québec ne peut réaliser qu’à la marge dans l’espace canadien, dans des domaines comme le développement d’une économie verte, le développement des régions, la reprise un main de notre territoire et de nos transports, l’emploi et la sécurité du revenu.
Comme vient de le démontrer le débat en Écosse, l’indépendance est à la fois question d’identité, de démocratie et d’agir collectif pour une nation, et, en même temps, c’est un outil indispensable de développement économique et social, en rendant possible des projets collectifs d’envergure pour concrétiser l’indépendance.
Un plan d’action pour nouveau départ. D’autres thèmes seront approfondis cette fin de semaine en vue de dégager des lignes de forces pour un plan d’action des organisations de la société civile pour l’indépendance. Nous allons parler de convergence des différentes composantes du mouvement indépendantiste mais aussi et surtout d’actions de mobilisation politique.

Toutes les bonnes idées seront intégrées  dans un plan d’action dont prendra charge le nouveau Conseil de la souveraineté du Québec pour en assurer la réalisation à travers les organisations de la société civile.

Enfin, troisième objectif : une nouvelle organisation.  Pour que ce rassemblement ne reste pas uniquement au niveau des idées, aussi intéressantes soient-elles, il faut nous donner les moyens de les mettre en œuvre.

En juin 2013, le Conseil de la souveraineté du Québec a entrepris une première  transformation d’envergure qui en fait maintenant une organisation d’organisations et de citoyen.ne.s  Plusieurs des principales organisations de la société civile en sont membres et participent à ses activités.

Nous allons annoncer dimanche une nouvelle appellation du Conseil qui représente mieux sa nouvelle mission, les organisations unies pour l'indépendance, OUI-Québec. Ce changement de nom implique plusieurs obligations : accroître la participation des membres actuels et accueillir de nouvelles organisations; créer des commissions et de groupes de travail multi-organisation pour certains projets retenus en fin de semaine; développer les coalitions en région; attaquer de front l’inévitable question du financement. Je vous invite à y participer.

Conclusion.

Imaginez que d’ici, pendant et après la prochaine élection, sur toutes les tribunes, les citoyen.ne.s de toutes allégeance remettent l’indépendance au cœur du débat politique comme un objectif de liberté, de responsabilité et de dignité,  et aussi comme un moyen de mener à terme nos projets collectifs, de nous donner une démocratie plus pleine, d’assurer une solidarité nationale effective.  Imaginez que cette fois, les citoyens sentent qu’il y a une lumière au bout du tunnel, un avenir.

Collectivement, nous devons accélérer le pas. Pour les peuples  comme pour les individus, la liberté et l’indépendance ne sont pas données. Elles se  construisent et se gagnent.  Depuis 400 ans le peuple québécois est en route vers une destination qui ne peut être qu’un pays. Nous sommes une nation, nous avons un destin, celui d’être un pays libre et indépendant. À nous de le réaliser. Vive le Québec !


Gilbert Paquette

vendredi 19 septembre 2014

Écosse et Québec - Vers un nouveau départ.

Les indépendantistes québécois qui se réuniront à l’Olympia en fin de semaine au sein du rassemblement destiNation peuvent être encouragés par les résultats serrés du référendum en Écosse, malgré la campagne de peur orchestrée par les milieux politiques et économiques anglais. Pour le peuple écossais, il s’agit d’un nouveau départ vers une plus grande autonomie et la prise en charge de leur vie collective.
La campagne référendaire écossaise, ainsi que celle qui se dessine en Catalogne, sont porteuses d’espoir pour le Québec. Nous aussi, nous entreprendrons en fin de semaine un nouveau départ vers notre émancipation nationale. Le match nul du référendum de 1995 ne peut rester sans suite et pour cela, il faut que le mouvement indépendantiste revoit ses certitudes, débatte de nouvelles idées et s’unisse sur l’essentiel, malgré les différences de point de vue.
Ce qui est frappant dans le référendum écossais, outre le « fair play » des deux camps, la solide préparation du camp du Oui, la clarté de la question et de la règle du 50%+1 que tous ont souligné, c’est la progression de l’appui à l’indépendance au cours de la campagne référendaire, en Écosse comme au Québec en 1995.
Dans les deux cas, l’appui populaire à l’indépendance en début de campagne se situait à près de 40%, et cet appui a progressé jusqu’à un résultat serré qui aurait pu devenir une victoire. Cela démontre que le mouvement indépendantiste québécois et tous les partis souverainistes doivent s’unir pour faire campagne pendant toutes les périodes électorales ou référendaires sur les avantages de l’indépendance, qui sont les moments les plus intenses de débat entre citoyens. Cela contraste avec l’attitude hésitante des partis politiques souverainistes à la dernière élection à l’égard de notre option.

À l’instar de Jacques Parizeau, ie souhaite que les quatre ans devant nous servent à clarifier la démarche indépendantiste, à préparer les dossiers de l’indépendance pour qu’une étape soit franchie à la prochaine élection, et aussi à unir les mouvements citoyens pour faire une campagne permanente pour notre émancipation nationale.

lundi 25 août 2014

Avancer en arrière !

À l'image de plusieurs chauffeurs d'autobus qui nous invitent à avancer en arrière, avez-vous remarqué comme les incitations au repli se multiplie depuis quelques temps? Ce samedi, le Devoir consacre tout un dossier au "Québec orphelin dans le Canada". Selon Guy Laforest (ancien intellectuel au service de l'ADQ), sans l'indépendance à l'horizon, le Québec devrait reprendre sa place dans la fédération. Il rejoint ainsi l'ex-premier-ministre Bouchard qui prône la même chose, comme aux temps du "beau risque", sauf que maintenant, l'espoir est nul. Pendant ce temps, un autre premier ministre sort des boules-à-mites pour nous proposer une grande innovation, une "alliance" face à Harper, le spécialiste des décisions unilatérales sur le dos des provinces. Cette alliance, les premiers ministres libéraux du Québec et l'Ontario affirment dans un autre article l'avoir contractée pour le bien de leurs populations.

Tout cela le même jour ! C'est beaucoup ! Québec orphelin dans le Canada ? Aurions nous besoin de parents pour nous protéger, nous, pauvre petite province, pour nous réfugier dans l'attitude confortable d'éternels quémandeurs des aspirations traditionnelles du Québec, dans un Canada qui refuse même de nous reconnaître comme nation. On nous invite donc à retourner dans les conférences fédérales-provinciales, à oeuvrer dans le Conseil de la fédération  plutôt que dans le concert des nations.

Que ces propositions nous viennent de fédéralistes qui espèrent encore obtenir quelques miettes dans le Canada, et qui tiennent surtout à donner belle image, rien de surprenant. L'entreprise est pourtant vouée à l'échec car le Québec n'a aucun rapport de force, mais ils ont le droit d'y croire ou de faire semblant d'y croire.

Mais quand ces propositions viennent d'indépendantistes, c'est franchement inacceptable. N'ayons pas peur des mots, c'est une démission. Uniquement défendre les intérêts du Québec à Ottawa, c'est le mot d'ordre de tous les politiciens depuis le début de la province de Québec en 1867, d'Honoré Mercier à Philippe Couillard. Toujours à la défensive, empêchant parfois le pire, mais jamais en progressant dans notre agir collectif.

Il faut au contraire que le Québec se mette en marche pour définir nous-mêmes notre cadre politique par une démarche constituante, et assumer la responsabilité de notre propre développement. Reprendre l'offensive. Orphelin ou pas. C'est la seule voie adulte et responsable.

Non! Il faut avancer en avant !

Gilbert Paquette, 25 août 2014

vendredi 4 juillet 2014

Pas si pire le Canada ?

Pour marquer la Fête du Canada d’un point de vue indépendantiste, mon ami Sol Zanetti, le chef d'Option Nationale et membre du CA du Conseil de la souveraineté,  postait une vidéo préparée sous le thème ironique : « On n’est pas si pire que ça dans le Canada ».

Pas si pire, mais on pourrait être tellement mieux en recouvrant nos responsabilités et notre dignité collective comme nation hors de ce contexte de minorisation tranquille qui nous diminue constamment.

Il faut relire aussi les 92 blocages du Québec dans le Canada, publiés par les États généraux sur la souveraineté et réserver votre fin de semaine des 20-21 septembre pour le grand rassemblement souverainiste destiNation.

Bienvenue aussi chez moi, à Ste-Béatrix dans Lanaudière, samedi 23 août pour le Méchoui annuel de financement du Conseil de la souveraineté. S'inscrire ici.

Gilbert Paquette

lundi 23 juin 2014

Pour une véritable Fête Nationale

En cette veille de Fête Nationale du Québec, il est nécessaire de se rappeler ce que veut dire le mot "nation", dans la situation particulière que vit le Québec, celle d'une nation annexée. Aux yeux d'une majorité de canadiens hors Québec et de trop de citoyens du Québec, on voit le peuple québécois comme une ethnie qui se limite aux descendants des colons français établis en terre d'Amérique, un minorité dans un Canada multi-culturel qui comporte bien d'autres minorités.

Au contraire, les QuébécoisEs ne forment pas une minorité ethnique mais un État-nation dont la légitimité se fonde en démocratie sur la souveraineté du peuple, un peuple formé des descendants de langue française établie depuis plus de 400 ans sur les rives du St-Laurent, une nation enrichie de tous ceux et de toutes celles venues ici partager notre destin. Cette nation dispose d'un territoire et d'un État qui la rendent apte à se gouverner entièrement elle-même selon ses propres fins, ses propres valeurs, sa propre culture et ses propres lois.

En démocratie, le peuple est souverain et dispose d'un pouvoir constituant pour définir le cadre politique dans lequel il désire vivre. Ce pouvoir, nous ne l'avons encore jamais exercé. Lorsque nous aurons transcendé nos divisions, bientôt, nous pourrons célébrer une véritable Fête Nationale qui, dans tous les pays, est aussi la Fête de l'indépendance.

En attendant, je vous souhaites tout de même bonne Fête Nationale !

Gilbert Paquette

lundi 16 juin 2014

Le Bloc québécois doit travailler à l'indépendance de concert avec les mouvements citoyens.

En tant que président du Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ), j'ai répondu avec enthousiasme à la volonté du nouveau chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu de travailler à la promotion de l’indépendance, de concert les organisations de la société civile et, au premier chef avec le Conseil de la souveraineté du Québec qui regroupe la plupart des organisations favorables à l’indépendance du Québec.
L'idée véhiculée par certain souverainistes à l'effet que le combat pour l'indépendance doit se faire au Québec plutôt qu'à Ottawa est mal inspirée. Tous les jours, des nouvelles arrivent de la scène fédérale qui demandent analyse et répliques, répliques qui doivent se faire dans une optique indépendantiste. Les moyens dont disposaient le bloc (personnel plein temps, services de recherche, moyens de communication) sont depuis 2011 presque tous entre les mains de partis fédéralistes dont les orientations sont définies par la majorité "canadian". Le Bloc québécois doit faire élire des députés pour faire campagne au Québec par tous ces moyens qui nous échappent, pas pour convaincre le Canada anglais, mais pour convaincre plus de québécoises et de québécois de se donner un pays.
Il faut mettre fin à la confusion qui existe entre l’appui aux partis souverainistes dans le cadre provincial qui nous est imposé de l’extérieur et l’appui à l’indépendance qui est un objectif citoyen beaucoup plus large ».  D’une part, l’appui à la souveraineté dépasse celui accordé à chacun des partis ; il y a des souverainistes dans tous les partis. D’autre part, dans tous les pays qui ont atteint leur indépendance, un mouvement populaire non partisan a pavé la voie. Pour cela, il faut sortir des rangs partisans pour parler aux citoyens de notre avenir collectif, de citoyen à citoyen.  Le Bloc québécois n’est pas en compétition avec le Parti québécois, Québec solidaire ou Option Nationale. Il est le seul parti capable de représenter la pensée indépendantiste sur les tribunes fédérales. Il possède des moyens d’action qui pourront contribuer fortement à la création d’une grande coalition de la société civile pour l’avancement du projet indépendantiste.

Rappelons que le Conseil de la souveraineté prépare actuellement un large rassemblement, prévu pour septembre 2014, auquel seront invitées toutes les principales organisations de la société civile et les personnes engagées dans la promotion de l’indépendance. Ce rassemblement conclura la phase 2 des États généraux de la souveraineté et les deux chantiers qui ont fait l’objet d’une tournée des région. Le premier chantier définira une démarche constituante permettant au peuple québécois de définir sa propre constitution indépendamment de celle qui nous a été imposée en 1982 par le Canada. Le second chantier définira un ensemble de projets économiques ne pouvant être réalisés pleinement que grâce à la souveraineté. Le plan d'action du Conseil prévoit aussi la mise en place d'une série de mesures pour accélérer la communication et l’action politique sur l’indépendance et remettre le projet de pays au cœur du débat politique au Québec.

jeudi 29 mai 2014

Couillard et les "chicanes" constitutionnelles

Parlez toujours M. Couillard (sur la nomination de juges et la réouverture de la constitution). C'est ce que vient de se faire dire le premier ministre du Québec par le jeune Trudeau qui se voit déjà premier ministre du dominion du Canada. Trudeau promet d'entendre les doléances de "n'importe lequel premier ministre de n'importe quelle province". M. Couillard se fait rappeler de s'occuper des "vraies affaires". "La priorité de Canadiens, ce n'est pas les chicanes constitutionnelles (...) c'est leur job, les pensions,...", poursuit le jeune fendant "canadian".

Pour ceux et celles qui pensaient qu'un gouvernement fédéraliste à Québec permettrait de modifier dans l'harmonie le régime dominateur d'Ottawa à l'égard du Québec, vous pouvez oublier cela. Messieurs Harper et Mulcair n'en pensent pas moins.

Alors M. Couillard, on fait quoi ? Pourquoi pas une démarche constituante où fédéralistes et indépendantiste du Québec se réuniraient pour définir notre propre version de la constitution, en dehors de toute partisanerie politique.


samedi 3 mai 2014

La Bloc québécois en tant qu'outil de l'indépendance.

La course à la chefferie du Bloc est commencée et j'ai signé le bulletin de candidature de Mario Beaulieu. Je l'ai fait, non seulement pour favoriser un débat de fonds à la direction du parti, mais  surtout parce qu'il importe de réorienter le bloc en tant qu'outil de l'indépendance. 

Il faut faire le plein des votes indépendantistes à Ottawa à l'élection de 2015. C'est la seule façon d'augmenter le nombre d'indépendantistes au parlement. À 20 ou 30 députés, avec leurs assistants et budgets de recherche, nous aurons une centaine de promoteurs de l'indépendances financés à plein temps pour travailler à faire avancer l'idée d'indépendance. Actuellement, nous finançons avec nos taxes  à Ottawa environ un nombre équivalent de fédéralistes du NPD. Il est temps de revenir aux véritables intérêts du Québec,  à nos intérêts.

Mario Beaulieu,   président de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, a fondé le Mouvement Montréal français et il a joué un rôle clef dans la création du réseau Cap sur l'indépendance. Il est membre du Conseil d'administration du Conseil de la souveraineté du Québec. Il entend recentrer le discours du Bloc québécois sur  la souveraineté plutôt que sur la simple défense des intérêts du Québec. 

La dernière campagne électorale provinciale a démontré qu'il faut un changement de cap. Il est urgent  que les indépendantistes occupent toutes les tribunes pour faire une promotion vigoureuse et déterminée de l'indépendance du Québec.  Mario Beaulieu a démontré sa volonté et sa capacité à le faire. Il faut signer son bulletin de candidature d'ici mardi prochain (à la SSJB-M, 82 rue Sherbrooke ouest).

Parallèlement, au Conseil de la souveraineté, nous avons besoin urgent d'organisateurs, et de communicateurs pour porter le message de la société civile indépendantiste. Si vous avez la capacité, la compétence et la détermination de vous engager, contactez-moi au 514 246-9600.

Gilbert Paquette
Président du Conseil de la souveraineté.

lundi 28 avril 2014

Une « vraie affaire » à régler - Les finances du Québec face au déséquilibre fiscal.

Pendant qu’à Québec on envisage des mesures dramatiques, faites de coupures de services et de hausses de taxes, donc de réduction de l’État québécois, à Ottawa, on envisage pour bientôt des surplus budgétaires croissants. Jamais la solution du déséquilibre fiscal qui affecte la quasi-fédération canadienne n’aura été aussi évident et pressante.

Comme d’habitude ?

Comme à chaque changement de gouvernement à Québec, le nouveau gouvernement « découvre » un déficit plus important que celui prévu par le précédent gouvernement et reparle de réingénierie de l’État.

Cela est arrivé arrivé lors du retour de Robert Bourassa, ce qu’on appelé alors « l’État Provigo », une tentative avortée menée à la fin des années quatre-vingt par les ministres Paul Gobeil  (Provigo) et Daniel Johnson (Power Co.).  Avec le retour des libéraux de Jean Charest en 2003, on découvre un important déficit de 4 milliards $  et on propose une « réingénierie de l’État ». Relancé en 2007 par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, puis en 2010  sous le qualificatif étonnant de « révolution culturelle » par son collègue Raymond Bachand, on propose des coupures de service et des hausses de tarif, notamment la célèbre hausse de 85% des frais de scolarité.

Élu en septembre 2012, le gouvernement Marois tente lui-aussi d’atteindre le déficit zéro institué précédemment sous forme de loi par le gouvernement Bouchard-Landry, mais le ministre Marceau doit annoncer un an plus tard un déficit de 2,5 milliards de dollars.  On en est là avec le retour des libéraux.

Y a-t-il une solution ?

Il semble bien que le problème dépasse jusqu’à maintenant les capacités de tous les gouvernements qui se sont succédés à Québec, quelle que soit leur couleur politique. Y a-t-il une solution ?

Les économistes Godbout et Montmarquette, mandatés par Philippe Couillard, notent dans leur récent rapport que « des efforts ont été effectués au cours des dernières années afin de réduire la croissance des dépenses ». Les deux économistes reconnaissent le caractère structurel du déficit. « Le défi est en fait de régler de façon durable un problème de dynamique de croissance des dépenses supérieur à la croissance des revenus gouvernementaux. », soulignent-ils dans leur rapport.

Ils proposent les solutions habituelles. Ils sont « d’avis que le gouvernement devrait recourir à davantage de tarification »[1]. Ils proposent de geler la masse salariale des employés de la fonction publique et des réseaux de santé et de l’éducation : non remplacement des départs, abolition de postes et annulation des hausses salariales. Ils suggèrent aussi une réduction des dépenses fiscales en faveur des entreprises et même une vente des actifs d’Hydro-Québec et de la SAQ.

Critiquant cette approche, des chercheurs de l’IRIS rappellent que le Fonds Monétaire International exhorte depuis des mois les différents pays du monde à s’abstenir de faire davantage appel à l’austérité. Selon eux, les options proposées dans le rapport « perpétueraient le marasme économique, ce qui ferait encore diminuer les entrées de revenus et continuerait à nous garder prisonniers de la logique d’austérité-stagnation »[2].

Personne ne semble avoir de véritable solution à la crise structurelle des finances publiques de l’État Québécois et personne ne parle non plus de notre moitié de budget public que gère pour nous l’État fédéral, laquelle hypothèque notre capacité d’agir.

Pendant ce temps à Ottawa.

En novembre dernier, le ministre des finances fédéral estimait le surplus anticipé pour 2015-2016 à 3,7 milliards de dollars alors qu’il l'estimait à 800 millions de dollars 8 mois plus tôt en mars dernier. Pour les deux années suivantes, 2016-2017 et 2017-2018, on estime les surplus à 5,0 et 5,7 milliards $ respectivement.

La situation est claire. À cause de la nature même de ses responsabilités, notamment quant à la santé, l’éducation et l’aide sociale, les dépenses du Québec ont toujours tendance à croitre plus rapidement que ses revenus, alors que c’est exactement l’inverse pour les finances fédérales.  C’est ce qu’on appelle le déséquilibre fiscal.

Cette situation, Luc Godbout la décrivait ainsi en 2008, six an après que la Commission Séguin eu identifié le problème: « rien n'a été fait pour corriger l'écart fiscal entre Ottawa et le Québec: le partage des ressources financières est toujours à l'avantage du fédéral. Ainsi, entre 2001 et 2008, comme le prévoyaient les projections économiques réalisées par le Conference Board pour la Commission, le gouvernement fédéral a connu huit années consécutives de surplus budgétaires et un surplus cumulé de près de 65 milliards alors que les dépenses du Québec excédaient ses revenus cinq fois en huit ans. »[3]

Comme l’expliquait aussi François Legault en d’autre temps, « alors que la situation financière de la province de Québec restera très précaire et forcera les gouvernements qui la dirigent à faire d’importantes compressions budgétaires qui affecteront la qualité des services publics, un Québec souverain disposera au contraire d’une importante marge de manœuvre ».[4]  Cet énoncé était corroboré récemment par l’étude,  réalisée par Stéphane Gobeil, suite à une minutieuse analyse des dépenses fédérales, ministère par ministère. « Certes le fédéral nous verse de l’argent, mais même en assumant la perte de ces transferts, un Québec souverain délesté de la bureaucratie fédérale sauverait annuellement 2 milliards de dollars »[5]

Voilà une « vraie affaire » à régler, transférer les revenus fiscaux là où sont les vraies dépenses. Peut-on demander au nouveau gouvernement du Québec comment il pense y arriver sans changement structurel profond de la fédération canadienne ?




[1] Luc Gobout et Claude Montmarquette, L’état des finances publiques du Québec, Ministère du Conseil exécutif, 25 avril 2014, p. 23
[2] IRIS, Rapport Godbout-Montmarquette : silence complaisant et catastrophisme, CNW-Telbec, 25 avril 2014
[3] Luc Godbout, Déséquilibre fiscal, le problème demeure entier, Le devoir, 17 juin 2008.
[4] François Legault, Finances d’un Québec souverain, Parti québécois, mai 2005, p. 3
[5] Stéphane Gobeil, Un gouvernement de trop, Vlb éditeur, 2012, p. 20

mercredi 9 avril 2014

La fin de l'approche du "bon gouvernement".

"Qui remplacera Pauline ?" titre un éditorial du Devoir au lendemain de l'effondrement du vote péquiste, le pire résultat depuis la première élection du Parti Québécois en 1970. Ce n'est pas la bonne question!

Quand on arrive à un cul-de-sac, et nous sommes dans un cul-de-sac, on ne se demande pas, s'il faut un autre conducteur pour foncer dans le mur. On trouve d'abord un autre chemin. Il faut remettre en question non pas l'objectif, mais le chemin  suivi par le Parti québécois depuis Lucien Bouchard, depuis le référendum de 1995.

Il faut une autre approche que celle du "bon gouvernement", d'un gouvernement provincial en attendant les "conditions gagnantes", en attendant le "référendum au moment opportun". C'est cette approche qui a été rejetée par la population parce qu'elle est passive, obscure, sans vision et qu'elle ne débouche sur rien. 

Ce qui a été rejeté, ce n'est pas l'indépendance puisqu'on en a pas vraiment parlé, et parce que, surtout, on ne l'a pas préparée depuis près de 20 ans. La jeune génération, en particulier, n'a jamais entendu parler d'un projet emballant d'émancipation nationale dans un monde où seules les nations sont présentes à l'international, d'une nation libre, vraiment responsable d'elle-même.

Malgré tout, l'appui à l'indépendance reste solide, autour de 40%. Pour un indépendantiste, le seul "bon gouvernement" possible est le gouvernement d'un pays. Nous avons quatre ans pour le démontrer. Il faut y travailler sans relâche par une nouvelle approche comme celle qui se prépare aux État généraux sur la souveraineté. J'y reviendrai.

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