dimanche 3 avril 2016

Une démarche constituante avec la CAQ ?

Certains, dont Camil Bouchard récemment, proposent de mettre la souveraineté en veilleuse comme si elle ne l'était pas depuis le référendum volé de 1995. L'idée d'une alliance avec la CAQ semble signifier pour certains que les indépendantistes devaient laisser leur option au vestiaire comme l'a fait François Legault en fondant la Coalition avenir Québec. Même sur un plan strictement électoral, il n'y a aucune raison de faire cela. Le PQ est toujours le premier parti chez les francophones. Une coalition des partis souverainistes obtiendrait un appui de 47% chez les francophones selon les derniers sondages. Ainsi, une une alliance PQ-QS-ON donnerait une majorité d'indépendantistes à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait d'entreprendre une démarche constituante pour résoudre la question nationale. Les profils semblables des trois partis souverainistes sur la question nationale (voir le graphique) et la convergence d'une grande partie de leurs programmes socio-économiques rendent possible une alliance électorale avec très peu de fuite des votes vers les libéraux ou la CAQ. 

Avec la CAQ, la situation est différente. Dans l'électorat de la CAQ, on retrouve environ 19% de souverainistes , 43% de "centristes" ou de nationalistes et 28% de fédéralistes. Sur le plan électoral, la CAQ joue un rôle utile en divisant davantage le vote fédéraliste que le vote souverainiste. Une alliance PQ-CAQ pourrait faire fuir une partie du vote de la CAQ vers les libéraux. Elle doit se faire sur un autre plan qu'électoral. Il faut envisager une certaine collaboration entre la CAQ (redevenue nationaliste) et les souverainistes sur la question nationale, comme je l'ai exprimé dans mon livre "La nécessaire alliance" en 2008.

La coalition avenir Québec renoue actuellement avec ses origines autonomistes : effort majeur de francisation, contrôle de notre immigration, transferts de point d’impôt pour contrer le déséquilibre fiscal, déclaration de revenu unique, rapatriement des fonds fédéraux pour la culture et les infrastructures culturelles, pouvoir total sur l’évaluation environnementale, abolition du sénat et de la fonction de lieutenant-gouverneur. Tous ces objectifs autonomistes, auxquels adhèrent la vaste majorité de la population et la majorité des électeurs de la CAQ, vont nécessairement se heurter à l’intransigeance du Canada qui n’a aucun intérêt à accorder de tels changements au Québec.

La seule façon d’avancer dans cette direction est de faire appel à la pression populaire, et pour cela, les autonomistes ont besoin des souverainistes. La CAQ et tous ceux et celles qui croient possible l’autonomie du Québec dans le Canada ont tout intérêt à participer à une démarche constituante comme celle proposée par les États généraux sur lasouveraineté. Les partis indépendantistes ont également intérêt à les y inviter et à l’organiser avec eux. Quel que soit le statut futur du Québec, il faudra qu’une majorité de la population l’appuie. Dans une telle démarche constituante, on réalisera un large débat sur les objectifs et les projets collectifs largement partagés dans la population. On le fera indissociablement des compétences nécessaires pour les réaliser. Ces débats, largement médiatisés, permettront de faire croitre l’appui au rapatriement de ces compétences ET à l’indépendance comme cela avait été amorcé par la Commission Bélanger-Campeau.
On pourra dégager de l’exercice une liste commune de compétences à rapatrier faisant consensus entre souverainistes et autonomistes et, possiblement deux projets de constitution provisoire, un projet autonomiste et un projet indépendantiste qui seraient soumis à la population par voie référendaire. On peut imaginer une consultation populaire où les citoyennes et les citoyens auraient à choisir entre ces deux propositions et le statu quo. Le résultat serait autour de 75 % pour un rapatriement important des compétences (autonomie) ou l'indépendance. Il sera intéressant alors de voir comment le Canada anglais pourrait contrer très longtemps une volonté majoritaire aussi manifeste du peuple québécois. Après un certain temps, en cas de blocage, une déclaration unilatérale d’indépendance serait alors acceptable aux yeux de la population et de la communauté internationale.

lundi 21 mars 2016

QS et le PQ sont-ils souverainistes ?

J'ai proposé dans mon dernier blogue que le Parti québécois remplace l'article 1 de son programme, pour se mettre au diapason de son chef, pour que la prochaine élection soit déterminante, pour qu'elle enclenche une démarche populaire vers le Québec pays. Un élément clef est une feuille de route publiée d'ici un an, bien avant la prochaine élection, à laquelle il faudrait rallier si possible tous les partis d'opposition. Il est inacceptable, sur un simple plan démocratique, que le parti libéral, avec un appui minoritaire dans la population, nous gouverne de la façon que l'on sait, et qu'il bloque la volonté souverainiste, ou du moins nationaliste, de la majorité de la population. Pour changer cela, il faut quitter le terrain électoraliste pour élever le débat au niveau de la nation.


Évidemment, ce n'est pas facile de mettre tout le monde d'accord dans l'opposition. À cet effet, le graphique ci-joint de mon ami Pierre-Alain Cotnoir est particulièrement éclairant. Ses chiffres sont obtenu par cumul de plusieurs sondages effectués par le GROP auquel il participe. Les "centristes" regroupent les souverainistes mous, les nationalistes hésitants, les fédéralistes fatigués qui croient le fédéralisme réformable ou qui répondent non à une des questions suivantes sur la souveraineté a)  le Québec a le droit b), a la capacité c) pourra devenir un pays. On doit convaincre les centristes si on veut construire une majorité pour le Québec pays, d'autant plus que les chiffres montrent qu'il y en a dans tous les partis sans exception.

Pour cela, il faut d'abord se réunir entre nous pour le pays. La convergence PQ-QS-ON est en train de se faire. Les membres de ces partis, sont très majoritairement souverainistes, ou  centristes dans des proportions très semblables. QS et ON se sont ralliés récemment à une forme de démarche constituante qui permettrait un solide conversation nationale autour des pouvoirs du Québec, laquelle se conclurait par une décision populaire. Ils rejoignent ainsi une proposition des États généraux sur la souveraineté (voir ici). On note aussi que QS ne refuse plus de parler stratégie avec le PQ. On est en train de dépasser les légendes urbaines à l'effet que le PQ serait un parti de droite (selon certains "solidaires"), ou que QS serait un parti fédéraliste (selon certain péquistes). Ces discours électoralistes sont peut-être utiles pour des gains électoraux à court terme. Mais ils sont totalement contre-productifs pour construire une majorité indépendantiste ou même pour établir une position commune d'ici la prochaine élection. Il est temps de combattre les attaques fratricides entre indépendantistes chaque fois qu'on les entend.

Dans un prochain message, je vous parlerai de la CAQ et des nationalistes, avec lesquels nous, indépendantistes, sommes condamnés à cheminer si nous voulons résoudre l'impasse actuelle sur l'avenir politique du Québec.

samedi 5 mars 2016

Péladeau doit revoir l'article 1

Le chef du Parti québécois, Pierre-Karl Péladeau a affirmé le 12 février 2015 : « C’est pourquoi, lors des prochaines élections, je souhaite obtenir le mandat de réaliser concrètement l’indépendance du Québec ». Or cette déclaration, très claire, que j'appuie sans réserve, est incompatible avec l’article 1 du programme du PQ qui se lit actuellement ainsi :  « le Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement. » Jusqu'à maintenant, cet article a eu pour effet de paralyser l'action du Parti québécois, et ce depuis le dernier référendum de 1995. Il implique que le débat sur l'indépendance ne se fait pas lors de l'élection mais lors d'un référendum  ayant lieu plus tard on ne sait trop quand. Par conséquent les prochaines élection ne peuvent donner un mandat de réaliser concrètement l'indépendance du Québec.
Cet énoncé  de l'article 1 est devenu avec le temps un facteur d’attentisme, de division entre indépendantistes, d’éteignoir de la mobilisation militante et de repoussoir des citoyens à l’égard de l’indépendance. Depuis le référendum de 1980, chaque élection devient une lutte de partis plutôt qu’une lutte nationale : qui fera le meilleur gouvernement provincial, comme si un « bon gouvernement » était possible pout un indépendantiste dans le carcan canadien . D’un point de vue militant, comme l’exprimait nettement l’un d’eux lors de la récente élection canadienne à laquelle j'ai participé, « vous me rappellerez quand il y aura un référendum annoncé ». Quant à la population, on entend de plus en plus, même de la part de sympathisants, un discours de renoncement : « cessez de parler d’indépendance, même si c’est souhaitable, cela n’arrivera pas ». Cette approche du principal parti indépendantiste nous empêche en fait de faire campagne sur le contenu de l’indépendance puisqu’aucune étape sérieuse n’est jamais à l’horizon.
Pour se remettre en marche, pour parler d’indépendance et surtout être écouté largement, il faut que la prochaine élection soit une étape sérieuse, marquante, déterminante, déclenchant une démarche vers l’indépendance.  Il ne s'agit pas d'une élection référendaire. Un référendum doit conclure la démarche, mais pas l'initier. C'est l'élection qui doit  enclencher la démarche vers le pays.
J'ai élaboré un peu plus cette démarche stratégique dans une nouvelle chronique que je commence sur vigile.net Voir : http://vigile.net/Se-remettre-en-marche-73842


mercredi 10 février 2016

Rona ou le coût de la dépendance

Les nouveaux ministres du gouvernement Couillard ne sont pas longs à prendre le pli de la dépendance sans se préoccuper des torts faits à l'économie du Québec. C'est chose naturelle dans ce gouvernement radicalement canadien avant d'être québécois. Rien n'est plus caractéristique que cette attitude de la nouvelle ministre de l'économie du Québec, Dominique Anglade. La ministre se dit satisfaite des échanges qu'elle a eus avec l'entreprise Lowes et le gouvernement canadien dans le rachat de Rona par cette entreprise. Elle affirme même: "ce qui est important pour nous , c'est que nos attentes soient transmise au gouvernement canadien".

On a fait notre travail de bonne petite province et on a transmis certaines vagues préoccupations au Canada qui est surement à l'écoute. Mais c'est le Bureau de la concurrence et Investissement Canada qui décideront si cette transaction de 3.2 milliards ira de l'avant ou non. Autrement dit, Rona a été construit par des québécois, racheté par des américains et le gouvernement du Canada décidera qui en aura le contrôle.

Mais on est content satisfait dans la officines du gouvernement Couillard car on pense avoir obtenu des assurances. Le siège social restera au Québec...pour le moment. La "vaste" majorité des emplois au Québec seront préservés au Québec... pour le moment. La ministre a mis l'accent sur le rôle des fournisseurs québécois dans la chaîne d'approvisionnement de Rona, mais qui en décidera désormais? Poser la question c'est y répondre.

Si le Québec était un pays normal, les employés et fournisseurs de Rona pourraient s'attendre à ce que les décisions les concernant se prennent ici, et pas ailleurs. Pas dans le Canada des libéraux !


mardi 26 janvier 2016

Arrogance et duplicité pétrolière canadienne

Rona Ambrose, croit, comme ses collègues de l’Ouest, qu’après avoir profité pendant des années de la péréquation, le Québec doit maintenant avaler la couleuvre Énergie Est. Il en va de « l’unité nationale » semble-t-il. La chef du parti conservateur canadien, appuyée son lieutenant du Québec, le très collaborateur Denis Lebel, rejoint ainsi la déclaration du premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall qui répliquait au maire Denis Coderre la semaine dernière: « J'ai confiance que les maires du Grand Montréal vont poliment rembourser leur part de péréquation de 10 G$ payée par l'ouest ».

Quelle duplicité d'abord où  "l'unité nationale" sert de paravent aux intérêts économiques pétroliers! Quelle arrogance aussi ! Ainsi le blocage de l'oléoduc par la Colombie britannique ou les États-unis serait acceptable, mais pas par le Québec, car on sait que le Québec est redevable au Canada de la péréquation n'est-ce pas ? Que les assistés sociaux acceptent le viol de leur territoire et qu'ils soient polis et reconnaissants. Les assistés sociaux n'ont rien à décider les concernant. Ceux qui paient doivent décider pour eux.

La réalité des choses est que l'on doit empêcher à tout prix Énergie East, un projet dangereux pour le Québec, un projet inacceptable, tant sur le plan écologique qu'économique. Nos intérêts ne sont pas vers l'exportation du pétrole de l'Ouest, mais dans le développement d'une économique verte pour lesquels le Canada nous prive d'ailleurs de la majorité de nos moyens.

Quant au premier ministre Brad Wall, peut-il faire le calcul de la péréquation vs les sommes énormes que les québécois.es paient chaque années avec leurs impôts au gouvernement du Canada, lequel les réinvestis dans  les développements pétroliers, automobiles, militaires ou autres, massivement ailleurs qu'au Québec? Peut-il nous dire poliment quelle part de la différence de 2 milliards il nous doit ?

Peut-on aussi lui demander de dire poliment MERCI pour le développement de l'Ouest depuis 1867, payés par les citoyens du Québec depuis bientôt 150 ans. Ce sera d'ailleurs une question à examiner quand on fera les comptes des actifs et des passifs lors de l'indépendance du Québec.

dimanche 17 janvier 2016

L'institut sur l'indépendance et le OUI Québec

On débat actuellement du projet d'Institut sur l'indépendance comme s'il était interdit aux indépendantistes d'approfondir leur option en dehors des partis politiques, alors que les partisans du statuquo fédéraliste ont depuis longtemps leur Conseil de l'unité canadienne, financé en sous main par des organismes du Gouvernement du Canada, sans compter l'organisme "Idée fédérale" fondé par André Pratte, qui jouit du statut d'organisme de bienfaisance (sic) de la part d'Ottawa.

Disons-le d'emblée, l'idée d'un projet d'institut de recherche appliqué sur l'indépendance doit être appuyée par tous les indépendantistes. Jusqu'à la fin de sa vie, Jacques Parizeau a réclamé que l'on actualise les études sur la souveraineté et qu'on s'en serve, à la fois pour préparer le passage du Québec de province à pays, et pour alimenter le débat public sur les avantages de l'indépendance  et sur les moyens d'y parvenir.

On a bien vu à l'élection de 2014 l'erreur stratégique, régulièrement répétée à toutes les campagnes électorales depuis 20 ans, qui consiste à faire des campagnes provinciales de "bon gouvernement". Le chef du Parti québécois a décidé d'y mettre fin en mettant en oeuvre les moyens de"démontrer les avantages concrets de l’indépendance, identifier les pertes causées par le régime canadien et à identifier les gestes devant conduire à l’indépendance du Québec".   Il a également expliqué que cet institut recevra un financement « populaire » et « volontaire » et produira « des analyses très détaillées, très approfondies sur les bienfaits et les bénéfices de l’indépendance du Québec ». Que l'on soit partisan ou non du Parti québécois ou de son chef, on ne peut qu'être d'accord avec lui sur ce point.

Sur le plan légal et surtout politique, il importe que cet Institut soit distinct du Parti québécois, même si le citoyen Péladeau y souscrit financièrement. Faut-il le rappeler, l'indépendance d’un peuple est d’abord l’affaire des citoyennes et des citoyens, engagés ou non dans un parti politique. Cet objectif dépasse les luttes partisanes. Il doit rallier une majorité de personnes, quelles que soient leurs allégeances partisanes, leurs origines ethno culturelles ou leurs orientations quant aux divers choix de société. Sans une convergence des meilleures énergies en dehors des luttes partisanes, l’indépendance politique demeurera un objectif difficile à atteindre.

Il est absolument nécessaire que l'Institut soit mis sur pied et financé au sein de la société civile avec un appui large des mouvements et des partis favorables à l’indépendance. Un tel organisme mis sur pied par un parti politique serait non seulement soumis aux règles maintenant très strictes de financement des partis politiques, mais il risquerait de ne pas être reconnu et utilisés par des membres d'autres formations politiques. Par ailleurs, on doit éviter que les conclusions des recherches de l’Institut soient perçues, à tort ou à raison, comme biaisées en faveur de l’élection d’une formation politique, particulièrement de la part des personnes non encore convaincues des bienfaits de l’indépendance du Québec. L’organisme le mieux placé pour recueillir le financement nécessaire au fonctionnement de l'Institut est sans contredit les Organisations Unies pour l'indépendance.

Le OUI Québec est un organisme à but non lucratif résolument non partisan. Il regroupe la plupart des principaux mouvements de la société civile qui appuient l’indépendance. D’autre part, il a créé et maintient une table de concertation avec les principaux partis indépendantistes, soit le Parti québécois, le Bloc québécois, Québec solidaire et Option nationale.  Par ailleurs, l'Institut pourrait être géré par son propre comité scientifique, à distance des partis et des mouvements qui utiliseront et diffuseront ses résultats. Il devra fonctionner en toute transparence et sa crédibilité apparaître incontestable dès le départ.

Rien n'empêchera par la suite un gouvernement indépendantiste de mener ses études stratégiques plus pointues, mais dans la situation actuelle, nous avons besoin de données, de faits, d'analyses indiscutables pour gagner l'indispensable débat de société qui doit nous mener à l'indépendance.

dimanche 3 janvier 2016

Épisode 4 - Pour un nouveau cycle politique.

Je termine  ici une chronique en quatre épisodes de la campagne électorale canadienne 2015 à laquelle j'ai participé comme candidat du Bloc québécois dans LaSalle-Émard-Verdun. 

À l'élection canadienne de 2015, tout comme en 2011, la moitié seulement des indépendantistes ont voté pour le Bloc. Au Québec comme à Ottawa, depuis 2007, les partis indépendantistes ne font plus le plein des électeurs favorables à l’indépendance. Rappelons qu’en 2007, au Québec, le Parti québécois récoltait 28% des appuis, alors que l’appui à la souveraineté se maintenait à 44%. Il est clair qu’on ne peut plus faire des élections de « bon gouvernement » à Québec, ou de « bonne opposition » à Ottawa sans foncer dans un mur.
En relançant le Bloc à Ottawa, nous voulions démarrer un nouveau cycle politique en vue de 2018. Force est de constater que cela reste à faire.  Pour gagner la prochaine fois, il nous faudra  une solidarité sans failles autour de l’indépendance, assumer une indépendance déterminée, décomplexée, en lien avec nos projets collectifs de développement économique, d’énergies renouvelables, de justice sociale au Québec et dans le monde.
Pour ce faire il est urgent de converger autour d’un plan, d’une feuille de route dont voici les principaux éléments.
a.     Publier une feuille de route comme élément déclencheur. Tant qu’une démarche nationale convergente et potentiellement décisive ne sera pas annoncée, on sera dans une impasse. On continuera à faire des campagnes partisanes, plutôt que nationales, des campagnes ne portant pas sur l’indépendance. Un nouveau cycle doit être amorcé par la publication d’une feuille de route avec un objectif clair et une démarche endossée par les principaux acteurs du mouvement indépendantiste. Cette solidarité et cette détermination retrouvées sont indispensables pour redonner confiance que l’indépendance se fera.
b.     Confier un rôle d’initiateur à la société civile indépendantiste. À l’instar de la Catalogne où la société civile a joué un rôle central dans la convergence des partis indépendantistes, nous avons entrepris, à partir de 2008, de consolider la société civile indépendantiste. Le OUI-Québec regroupe actuellement la plupart des organismes de la société civile favorables à l’indépendance. C’est là où le texte de la feuille de route pourra être mis en forme avec les représentants des partis et des mouvements.
c.  Donner un contenu à la lutte nationale. Nos adversaires ont réussi à présenter l’indépendance comme une question déconnectée des « vraies affaires », disaient-il à l’élection de 2014. Au cours de la campagne 2015 également, beaucoup ne voyaient plus trop les liens entre notre dépendance politique et des questions comme l’austérité budgétaire, le transport du pétrole, la démocratie, l’environnement ou les enjeux internationaux. Notre réponse  doit être de proposer des projets d’avenir faisant un large consensus au Québec, nécessitant le contrôle de nos affaires dans un Québec pays.
d.  Nous mobiliser pour une campagne permanente pour l’indépendance. Pour gagner l’élection de 2018, il faut se remettre à parler, écouter, sortir hors de nos rangs et convaincre. En un mot, il faut nous mobiliser dans les organisations de la société civile comme au sein des partis politiques pour véhiculer le pourquoi et le comment de l’indépendance. Au cours de l'élection de 2015, les candidats du Bloc et beaucoup de militantes et de militants venaient du PQ, de QS et d’ON. On a eu un début de convergence des partis. Il faut maintenant poursuivre ensemble le porte-à-porte, les assemblées de cuisine, l’affichage, les évènements politiques, tout en publicisant   de façon persistante ces actions.
Même si le résultat de l’élection de 2015 a été en deçà de nos attentes, le mouvement indépendantiste en sort tout de même renforcé grâce à l’élection d’une équipe de 10 députés et d'une trentaine de conseillers à plein temps, une équipe dotée de moyens accrus. Il faut maintenant que cette équipe s'engage à fond dans la promotion de l’indépendance et la convergences des mouvements et des partis indépendantistes, pour mettre fin au cycle politique précédent et relancer le mouvement d'émancipation nationale.

mardi 29 décembre 2015

Épisode 3 - Vote authentique, erreur stratégique

Je poursuis ici une chronique en quatre épisodes de la campagne électorale canadienne 2015 à laquelle j'ai participé comme candidat du Bloc québécois dans LaSalle-Émard-Verdun. 
Au début de la campagne de 2015, on a assistée à un curieux débat entre indépendantistes. Devrions-nous voter "authentique" ou  voter "stratégique". Ce dilemme  imposé aux indépendantistes face aux élections canadiennes a pris une tournure plus intense. D'une part,  pour un indépendantiste, l’emprise de l’État canadien sur le Québec doit être combattue. D'autre part, cette emprise nuit tellement au Québec qu’il devient impérieux de participer au choix du gouvernement canadien, pas seulement au choix d’une opposition à Ottawa comme celle offerte par le Bloc québécois. Cette division entre partisans de l'indépendance n’a rien fait pour dissiper cette impression chez beaucoup « que l’indépendance ne se fera pas », au contraire. 

Jusqu’en 2008, les indépendantistes votaient très majoritairement « authentique », pour sortir du régime canadien. En fait la question ne se posait même pas. Quelle que soit leur allégeance sur la scène québécoise, l’appui des indépendantistes allait au Bloc québécois. Notamment, les 49,3% d'appuis au Bloc en 1993 préfiguraient le 49,6 % d'appui à l'indépendance lors du vote référendaire de 1995. En 2015, la quasi disparition du Bloc à l'élection de 2011 a amené certains indépendantistes à prôner l'idée d’un « vote stratégique » pour un parti fédéraliste de gouvernement capable de déloger les conservateurs de Stephen Harper. Il fallait voter pour le " candidat ayant le plus de chances de battre le conservateur ». On a même assisté à des accusations publiques de certains indépendantistes dans les journaux à l’effet qu’un vote pour le Bloc signifiait un vote pour Harper. En un mot, les indépendantistes « stratégiques » décidaient de voter à cette élection comme s'ils étaient des canadiens, pour le parti apparaissant le plus apte à donner au Québec un meilleur gouvernement du Canada, ou du moins le moins pire. 

Au contraire, le Bloc québécois se devait de faire le plein des votes indépendantistes pour retrouver sa place de premier parti au Québec sur la scène canadienne. Au début de la campagne, on voyait le slogan « Qui prend pays prend parti » sur les affiches, ce qui situait clairement le Bloc comme un instrument pour préparer le Québec pays.  C’est qu’ont très bien compris la plupart des commentateurs de la scène politique en soulignant que le Bloc québécois menait une campagne plus indépendantiste que par le passé. Puis, vers le milieu de campagne, ce slogan était remplacé par « On a tout à gagner ». Était-ce dans le Canada ou dans un éventuel Québec pays ? Pour faire le plein des votes indépendantistes, il fallait au contraire faire une campagne pour l’indépendance, expliquer le pourquoi de l’indépendance, situer cette élection comme préparant une élection déterminante au Québec, celle de 2018. Alors qu'il fallait faire le plein des votes indépendantiste,  le Bloc revenait à une campagne pour « défendre les intérêts du Québec à Ottawa ».

Je considère qu’il s'est s’agit d’une erreur stratégique,  amplifiée par des engagements du Bloc situés dans le cadre du régime politique dont nous voulons sortir, sans lien avec l’objectif du Québec pays. Il aurait pourtant été possible de prendre à la fois ces engagements, tout en démontrant que pour y arriver vraiment il fallait se donner les moyens de changer de régime, de prendre nous-mêmes nos décisions, notamment en matière de transport, d’énergie, d’institutions démocratiques  ou de relations internationales. En un mot, il fallait faire une campagne pour se donner des moyens pour l’indépendance. Suite aux débats télévisés, on a plutôt misé sur l’objectif de « la balance du pouvoir à Ottawa » permettant d’obtenir des gains à Ottawa dans le régime.  Cette position, renforçait l’idée de la défense des intérêts du Québec à Ottawa plutôt que celle du Bloc comme instrument de l’indépendance. On comprend que des indépendantistes aient pu se dire qu’à ce compte, il valait mieux voter « stratégique », nommément pour un parti qui pourrait former le prochain gouvernement canadien.

La dernière semaine de campagne, suite à la dégringolade du NPD dans les intentions de vote, ont mis libéraux et conservateurs nez-à-nez dans les sondages. On pouvait alors penser qu’il y aurait un gouvernement minoritaire. À cinq jours du vote toutefois, sur le terrain, la crainte du retour d’un gouvernement conservateur, était palpable, y compris chez nos sympathisants. Même minoritaire, un retour de Stephen Harper au pouvoir, était inacceptable surtout pour les indépendantistes « stratégiques ». Il serait intéressant d'ailleurs de savoir quelle proportion de ces derniers se sont fait violence pour voter pour le fils de Pierre-Elliot Trudeau. Chose certaine, l’appuyer devenait la façon la plus sure de battre les conservateurs, mais certainement pas la meilleure pour faire avancer l’idée d’indépendance.

samedi 26 décembre 2015

Épisode 2 - Sur le terrain - une option lointaine.

Je poursuis ici une chronique en quatre épisodes de la campagne électorale canadienne 2015 à laquelle j'ai participé comme candidat du Bloc québécois dans Lassalle-Émard-Verdun.
 
Voici ce que je retiens des rencontres directes avec les citoyennes et les citoyens à leur domicile, sur les rues commerciales ou dans des évènements des groupes communautaires.
  •  L’indépendance est toujours vue comme un option légitime que l’on accueille avec ouverture et respect. Même quand on doute de sa réalisation ou qu’on s’y oppose, on accepte d’en discuter
  • La majorité des gens se comporte l’indépendance comme une option déconnectée de leurs préoccupations immédiates comme l’emploi, l’environnement, la santé, l’éducation, la justice sociale, les questions internationales. Les questions « locales comme le Pont Champlain, les logements sociaux, ou d’actualité comme la corruption au sénat, le vote à visage voilé ou l’accueil des réfugiés syriens prenaient toute la place. Il fallait forcer le jeu pour relier ces questions à notre statut de dépendance politique dans le régime canadien et ramener le thème de l’indépendance dans la discussion.
  • L’indépendance était perçue comme une option lointaine qui allait peut-être se réaliser un jour, mais pas maintenant. Par contre le changement de gouvernement à Ottawa, la crainte d’un retour de Stephen Harper comme premier ministre, étaient abordés spontanément. Il était clair que cette question était un objet central de l’élection.
Cet instantané de l’état de l’opinion rejoint le constat que faisait Jacques Parizeau en 2009 en analysant un sondage réalisé par le Bloc québécois. On y apprenait que 49,3 % des électeurs (de toutes origines) appuyaient l’idée « que le Québec devienne un pays indépendant »; 56% la croyait réalisable; 60% pensaient que le Québec en avait le droit; mais seulement 34% pensaient qu’elle se réalisera un jour. 
Plus le temps passe, plus s'ancre cette "conviction", renforcée par la propagande de nos adversaires,  que l’indépendance ne se fera pas. Aux yeux de la plupart, l’indépendance est sans doute souhaitable, elle est réalisable mais elle apparait tellement abstraite et lointaine que l’on préfère s’occuper de problèmes concrets immédiats.
Clairement, c'est là-dessus qu'il faudra travailler à l'avenir.
.

lundi 7 décembre 2015

Épisode 1: La mort annoncée du Bloc québécois

Je commence aujourd'hui une chronique en quatre épisodes de la campagne électorale canadienne à laquelle j'ai participé comme candidat du Bloc québécois dans Lasalle-Émard-Verdun.

          La remise en question de l’existence du Bloc québécois par les adversaires de l'indépendance n’est pas nouvelle. Elle a eu peu de prise sur l’opinion publique jusqu’en 2011. Pendant 18 ans, à travers les élections de1993 à 2008, le Bloc québécois a obtenu la majorité, et parfois jusqu'aux deux-tiers des 75 sièges du Québec au Parlement canadien. À chacune de ces élections, les québécoises et les québécois appuyant l’indépendance ont presque tous voté pour un candidat du Bloc québécois.
          À l’élection de 2011, ce qu’on a appelé « la vague orange » a balayé le Québec. 59 députés du NPD de Jack Layton y était élus, la plupart inconnus du public, certains ne parlant même pas le français. L’organisation du NPD était inexistante au Québec et son programme politique, pratiquement inconnu. Cette défaite cruelle et difficile à expliquer a donné lieu à ce qu’il faut bien appeler un discours démissionnaire de la part de trop d'indépendantistes. Au lieu de résister et de rebâtir, on a commencé peu après 2011 à entendre un discours défaitiste: "la présence du Bloc à Ottawa nuisait à la souveraineté"; "il fallait concentrer nos énergies uniquement sur la scène québécoise". Cette réaction cachait mal déjà cette peur chronique de perdre les élections qui inhibe la promotion de l’indépendance depuis 1995.
         Pour la première fois en 2015, la remise en question de la pertinence du Bloc n'allait plus être l'apanage des adversaires, mais provenir des rangs indépendantistes eux-mêmes. De la sorte, à la fin de l’été 2015, la campagne du Bloc démarrait en mode survie. Certains sondages indiquaient la possibilité qu’aucun député du Bloc ne soit élu. Dans les médias, pendant tout le début de la campagne jusqu’aux débats télévisés, on annonçait la mort du Bloc québécois. Cette atmosphère morbide plaçait la campagne du Bloc sur la défensive. 
         Dans le dernier droit de la campagne, suite aux débats télévisés, le Bloc commençait à remonter la pente. Mais le début de campagne avait fait son œuvre, de sorte que presque partout, la mobilisation des comités électoraux se limitait à quelques personnes, toutefois déterminées à faire mentir les prédictions. Nous allions renvoyer dos à dos médias, adversaires et indépendantistes "stratégiques".

jeudi 3 décembre 2015

Aide médicale à mourir: rapatrier au Québec le code criminel

À nouveau, le carcan canadien bloque l'évolution du Québec parce que la Constitution canadienne qui nous a été imposée et qui a force de loi, confie la compétence sur le code criminel au gouvernement canadien. Cette question nous rappelle douloureusement qu'il y a prépondérance des lois canadiennes lorsqu'une loi québécoise contredit certains aspects d'une loi d'Ottawa. 
Il faut le souligner haut et fort, il n'y a aucune raison pour laquelle le Québec ne peut pas gérer lui-même toutes ses questions de justice criminelle.  Il faut rapatrier au Québec toutes nos compétences en matière de justice criminelle comme civile

Après des années de débat, l'unanimité de tous les partis et un appui majoritaire de la population,  notre Assemblée Nationale, grâce à l'action de la députée Véronique Hivon, adoptait une loi progressiste sur les soins palliatifs de fin de vie, comportant en dernier recours une aide médicale à mourir. Il s'agit d'une loi strictement humanitaire et pondérée, mais que la Cour supérieure vient d'invalider en partie. Pendant ce temps, les personnes en fin de vie devront attendre que les avocats des deux gouvernements démêlent un imbroglio juridique dont nous n'avons absolument pas besoin.

Et pourtant, la Cour suprême du Canada, pour une fois avait fait son travail … et cautionné le gouvernement du Québec. Dans un jugement unanime en février dernier, elle déclarait que l’aide médicale à mourir doit être légalisée au Canada. Les neuf juges donnaient un an à Ottawa pour modifier le Code criminel. Mais voilà, le gouvernement Harper dont on connait les opinions sur la question n'a pas bougé et le nouveau gouvernement Trudeau, malgré ses promesses électorales a laissé ses fonctionnaires plaider avec succès contre la loi du Québec devant la Cour supérieure. 

Les partis d'opposition ont bien souligné cette contradiction que le nouveau gouvernement d'Ottawa se doit de résoudre. Mais il était très décevant que les partis indépendantistes ne réclament pas du même souffle le rapatriement au Québec de toutes ses compétences en matière de justice. Il faut chaque fois souligner que, comme pour les questions des écoles passerelles, du registre des armes à feux ou l'assermentation et le vote à visage découvert, notre État national, même unanime, est impuissant devant les dispositions de la constitution canadienne. Il est de plus en plus urgent de définir enfin la nôtre !

mardi 17 novembre 2015

Accueil des réfugiés: la foi remplace la souveraineté

Dans le domaine de l'accueil des réfugiés comme dans d'autres, la souveraineté de notre gouvernement national est remplacée par la foi dans l'État fédéral. Selon le Huffington Post, la ministre québécois Kathleen Weil  "attend de voir le plan du fédéral, mais elle affirme avoir obtenu l'assurance de son homologue fédéral, John McCallum, que toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer la sécurité des Canadiens, reconnaissant néanmoins avoir peu d'emprise sur les vérifications, qui relèvent d'organismes fédéraux".

Peut-t'on exiger que notre gouvernement élabore un plan pour le Québec, tenant compte de notre capacité d'accueil ? Peut-on demander un échéancier réaliste pour la répartition des réfugiés sur le territoire québécois ? Peut-on nous dire quelles seront les mesures de francisation et d'intégration, dans le respect des valeurs québécoises, sans se faire taxer de xénophobie comme le fait Philippe Couillard ?

Il est temps que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités au-delà des phrases creuses et de la partisanerie dont il fait preuve actuellement.

mardi 3 novembre 2015

Nous ne sommes pas "revenus au Canada" !

Philippe Couillard répète triomphalement que le 19 octobre dernier, 80% des électeurs seraient "revenus au Canada". Nous n'avons pas à y "revenir" puisque nous y sommes encore, bien malgré nous, par la force, sans que l'on ne  nous ait jamais demandé notre avis.

Les électrices et les électeurs du Québec n'ont pas choisi un pays à cette élection, ce qu'aimerais bien nous faire croire tous ceux qui veulent éteindre notre lutte nationale.  Nous avons participé à une autre élection canadienne sur le territoire du Québec, une élection qui est devenue un référendum contre un gouvernement, l'un des plus anti-québécois de l'histoire récente. Les québécois.es se sont assuré.es de s'en défaire, point à la ligne. Ce sera moins pire sans doute pendant un certain temps, puis les attaques contre le Québec, par pouvoir de dépenser interposé, continueront.

J'ai constaté lors de mon porte à porte comme candidat du Bloc québécois, à quel point ce vote peut être déchirant pour nous Québécois.es,  encore une fois forcé.es de nous défendre, de nous replier sur le moins pire court terme, dans ce rôle de minorité sans avenir pour nous. 2018 doit être le moment où nous devons mettre fin à toutes les ambiguïtés, où nous votons pour nous, plutôt que contre quel que parti "canadian" que ce soit, où nous ouvrons la porte de notre liberté.


jeudi 22 octobre 2015

Fin de campagne: un Bloc québécois plus fort et un projet à repenser.

J’aimerais remercier tous ceux qui ont appuyé ma campagne dans LaSalle-Émard-Verdun pour le Bloc québécois. Grâce à vous, nous avons mené une campagne terrain solide et déterminée. 

  • Nous avons participé à 31 évènements avec divers organismes communautaires dans la circonscription. Les trois maires des arrondissements de Verdun, du Sud-ouest et de Lasalle nous ont reçu pour discuter de leurs priorités. 
  • Il y a eu trois rencontres avec les candidats des autres partis, dont un débat, le 13 octobre que, de l’avis général, nous avons remporté. 
  • Nous avons publié cinq prises de position dans les trois journaux locaux et autant de messages à Radio Lasalle (CKVL). 
  • Chaque semaine, nous avons préparé des communiqués de presse envoyés aux médias nationaux et locaux sur diverses questions: Pont Champlain, logements sociaux, économie et emploi, égalité femmes-hommes,  indépendance. 
  • Chaque jour, nous sommes intervenus à 4 ou 5 reprises dans les médias sociaux sur les questions d’actualité et nos messages ont été largement rediffusés .
  • Au cours de la campagne, nous avons posé environ trois cents affiches, sans compter notre “Bloc mobile” qui s’est baladé dans tous les coins du comté.
  • Nous avons produit trois imprimés qui ont été distribué dans les évènements, sur la rue ou par porte-à-porte à plus de 2000 personnes.
  • Sous le thème “Le Bloc québécois: nécessaire jusqu’à l’indépendance", nous avons publié un vidéo de fin de campagne qui a, lui-aussi, été largement rediffusé. Il a été visionné sur YouTube plus de 35 000 fois. 
  • Un message radio a été diffusé chaque jour dans les deux dernières semaines sur radio Lasalle.
  • Nous avons réalisé des appels personnels ou automatisés de pointage à tous les électeurs, ce qui nous a servis au rappel des sympathisants le jour du vote.

Ce fut une campagne longue et fertile en rebondissements, menée par un Gilles Duceppe convaincant. Même si les résultats n’ont pas été à la hauteur de nos espérances, le Bloc revient plus fort qu'avant malgré le dur coup de 2011 et les défections qui l’on suivi. Nous avons réussi à remettre sur pied  un instrument nécessaire pour la remontée vers l’indépendance. Dix députés et leur personnel à plein temps vont désormais travailler pour nous plutôt que contre nous.

Ce n’est pas une vague qui va nous arrêter ni les commentaires qui visent, comme toujours, à démobiliser les indépendantistes.  Devant la lutte très serrée des dernières semaines, trop de québécois ont craint un retour des conservateurs et ont choisi de se protéger du pire. Le résultat, décevant pour nous, doit toutefois nous inciter à repenser l'orientation du mouvement souverainiste autour des mots "ouverture", "détermination" et "rassemblement". J'ai bien l'intention de participer à cette nécessaire réflexion, sur les bases tracées par les États généraux sur la souveraineté et le rassemblement destiNation qui a mené à la création du OUI-Québec. Il nous faut une nouvelle démarche et un projet d'indépendance rassembleur en vue du rendez-vous de 2018.

jeudi 15 octobre 2015

Le 19 octobre: début de la remontée vers l'indépendance !

J’ai choisi de me présenter aux côtés de Gilles Duceppe et d’un groupe de femmes et d’hommes passionné-es, candidats du Bloc Québécois, car nous sommes déterminés à redonner aux Québécoises et aux Québécois leur dignité et leur liberté.
Pourquoi ?
Au sein du Canada, le poids du Québec diminue d’élection en élection. C’est à présent grâce à l’Ontario et à l’Ouest que le gouvernement canadien est élu, sans que l’appui des Québécois ne soit déterminant. À preuve,  en 2011, 70  des 75 sièges du Québec aux autres partis n’ont pas empêché l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire qui sévit depuis 4 ans. Ce phénomène porte un nom : la minorisation et la dépendance.
Sous les conservateurs, le Canada a continué à se transformer en un pays qui ressemble peu ou pas aux aspirations des Québécois : un pétroÉtat, un État militariste, un État anti-scientifique, un État antidémocratique. Un peuple qui veut vivre et se développer ne peut pas continuer de se comporter en minorité en abandonnant la maîtrise de ses affaires à une majorité qui lui est étrangère.
Une démocratie saine exige qu’on puisse appartenir tantôt à la minorité, tantôt à la majorité sur certaines questions, sans nier ses origines ou ses principes. Or, le plus grand vice de la politique canadienne c’est que les francophones sont toujours une minorité devant une majorité qui sera toujours la même. La fixité de la relation minorité-majorité ne peut donc être que la négation de la démocratie.
Notre choix comme Québécois est au fond très simple: ou bien nous demeurons une éternelle minorité en continuel recul dans le pays des autres ou bien nous devenons une majorité vivante et progressive qui fait ses propres choix dans un pays bien à nous. C’est ce choix que le Bloc Québécois nous offre.
Le 19 octobre, nous aurons un gouvernement canadien minoritaire, bleu, rouge ou orange, dont la couleur sera décidée ailleurs qu’au Québec. Dans ce contexte minoritaire, même s’il avait un peu plus de députés que les autres, Stephen Harper ne pourra plus gouverner, car avec les autres partis, nous nous y opposerons.
Le seul vote stratégique à Ottawa, c'est de nous donner des députés indépendantistes à Ottawa qui pourront négocier leur appui, soit pour bloquer, soit pour appuyer les mesures à Ottawa en fonction des intérêts du Québec. Mais  ces élections fédérales auront surtout un impact important sur l’avenir de l’indépendance. En effet, nous aurons des moyens importants pour appuyer la remontée vers une majorité d’appuis à l’indépendance du Québec.
L’élection d’un député du Bloc québécois, ça signifie un indépendantiste de plus sur le terrain et un fédéraliste de moins. Ça signifie des moyens financiers, de la visibilité, des employés plein temps au service de l’indépendance. Une majorité de députés bloquistes au Québec, ce sont des centaines de personnes et des millions de dollars au service de l’indépendance, au service du Québec, au service de nos aspirations. 
Changer de parti à Ottawa n’est pas suffisant. Il faut sortir de ce régime qui nous minorise et nie notre existence comme nation. S'il faut sortir Harper d'Ottawa, il est encore plus nécessaire de sortir aussi le Canada des affaires du Québec. Cela commence le 19 octobre.

Le Bloc québécois est nécessaire, jusqu'à l'indépendance !

mardi 13 octobre 2015

Récupérer nos moyens d'action à Ottawa dans Verdun, Émard et Lasalle

Au cours de cette campagne que tient le Canada sur le territoire du Québec, j’ai rencontré plus d'une vingtaine d'organismes communautaires, ainsi que les trois maires des arrondissements de Montréal qui recoupent la circonscription de LaSalle-Émard-Verdun. J’ai eu des rencontres extrêmement positives avec Benoit Dorais, maire du sud-ouest, comprenant Ville-Émard et Côte St-Paul,  Jean-François Parenteau,  maire de Verdun et Manon Barbe, mairesse de Ville LaSalle. Ces rencontres m’ont permis de mieux connaître les questions qui préoccupent les élus municipaux et la population, et aussi de définir un certain nombre de prises d'action.

Parmi les sujets abordés lors de ces rencontres, deux préoccupations largement partagées sont ressorties : le logement social et les travaux sur le pont Champlain. Sur ces deux questions, j’ai pris des engagements fermes et fait connaître mon appui très tôt dans la présente campagne. Dès le début, j’ai donné un point de presse et publié une analyse sur le Pont Champlain ; je me suis positionné contre le péage sur le pont, pour un transport électrique en commun et pour la protection des citoyens contre les risques pour l’environnement, les difficultés de circulation et la pollution par le bruit pendant les travaux.

Concernant le logement social, le bilan est plus que désolant. Il faut impérativement réinvestir les fonds qu'Ottawa a coupé et se donner un plan pour créer 50 000 nouveaux logements sociaux. Il faut aussi lutter plus efficacement contre l’itinérance. La transformation des appartements en condo, les rénovations majeures qui font augmenter les prix des loyers, le nombre des logements insalubres loués quand même ou tout simplement inoccupés, sont des éléments très préoccupants. Nous avons besoin d’engagements réels et concrets en matière de politiques et de financement du logement dans le comté. Le cadre budgétaire du Bloc Québécois prévoit clairement les fonds nécessaires dont Ottawa peut disposer rapidement. Une partie de nos 46 milliards d’impôts annuels à Ottawa, qui doivent servir à l’aménagement du pont Champlain et au logement social.

Par ailleurs, dans chacun des trois arrondissements, il y a des dossiers spécifiques. Dans Émard-Côte-St-Paul, j’ai appuyé le financement du développement communautaire qui doit être augmenté pour soutenir les initiatives du regroupement économique et social du sud-ouest (RÉSO) . Dans Verdun, la rénovation des équipements municipaux (auditorium, routes) et de nouveaux projets (plage, centre aquatique, maison de la culture) demanderont un appui d’Ottawa comme de Québec. À LaSalle, le Parc des Rapides (un des 6 grands parcs urbains de Montréal), est un lieu exceptionnel en Amérique du Nord d’une grande richesse écologique, dont l’essor doit être financé et protégé contre les déversements d’eaux polluées et le transport du pétrole dans les eaux du St-Laurent.

Dès qu’on circule dans LaSalle-Émard-Verdun, on constate rapidement la richesse et la qualité de vie dans les trois arrondissements bordés par le St-Laurent et le Canal Lachine, traversés par le canal de l’aqueduc. Les deux canaux sont bordés d’espaces verts, de pistes cyclables. On y retrouve un Cegep, un hôpital, plusieurs entreprises non polluantes, de nombreux parcs dont le parc Angrignon, l’un des plus vastes de Montréal.  

On y trouve aussi une vie communautaire intense avec plus de deux cents organismes citoyens qui sont l’objet de coupures d’Ottawa. Il faut soutenir cette vie communautaire autrement que par des emplois d’été, ce qui semble la principale intervention d'Ottawa dans ce domaine. Il faut aussi améliorer l’accès au comté, réduire « l’enclavage » créé par les nombreux ponts qui enjambent les voies d’eau. Il faut enfin réduire les impacts des travaux sur l’échangeur Turcot et les voies d'accès au Pont Champlain qui menacent la qualité des déplacements des résidents, la qualité de l’air, de l’eau et de l’environnement. Ces travaux s’annoncent difficiles, très longs et surtout porteurs de nouveaux impacts financiers, écologiques et démographiques pour LaSalle-Émard-Verdun et ses résidents.  


Je me suis engagé auprès des trois maires d’arrondissement et des nombreux organismes communautaires que j’ai rencontrés, à défendre les intérêts de cette magnifique région de Montréal. Je les ai assurés de ma détermination à travailler avec eux à ramener nos taxes à Ottawa au service de notre région de Montréal, en attendant de les rapatrier ici, chez nous, par l’indépendance politique.

Archive du blog